Généralement, les trilobites étaient des animaux benthiques, c.a.d. qu'ils se déplacaient sur le fond des océans, à une profondeur allant de quelques dizaines de mètres à plusieurs centaines de mètres, essentiellement sur le plateau continental.Cependant certaines espèces pouvaient, d'après l'étude de leur morphologie externe, avoir un mode de vie sensiblement différent.

Ainsi le céphalon de l'Eoharpes en forme de bouclier nous permet de penser qu'il s'agissait sans doute d'un animal fouisseur. De plus les yeux de cette espèce sont peu développés, ce qui renforce l'hypothèse d'un animal vivant enfoui dans la vase, se nourrissant d'une micro faune (plancton).

Le corps du Selenopeltis permet de penser que toutes ses épines lui servaient à la fois de défense contre les prédateurs mais aussi d'organe de flottaison pour se déplacer entre deux eaux, il s'agit peut etre d'un animal pélagique(nageur)...D'ailleurs, le selenopeltis est un genre à grande dispersion géographique, ce qui tends à renforcer l'hypothèse qu'il s'agit d'un animal pélagique, voyageant au gré des courants...

Il y a encore plus étrange: un scientifique anglais a effectué une série de tests en aquarium sur la carapace d'un Parabarrandia, et ces tests ont montré un hydrodynasmisme hors du commun de la carapace du à une forme antérieure très arrondie du céphalon.Il n'est pas idiot de penser qu'il s'agissait peut etre d'un prédateur flottant entre deux eaux à l'affut d'une proie...

Ci-dessous, une reconstituion des principaux modes de vie du trilobite
Il n'y a pas que la morphologie du trilobite qui soit importante pour déterminer son mode de vie. En effet, la conservation et la disposition des trilobites dans la roche est également une précieuse source d'informations.

Illustrons ce point avec une espèce de trilobite du Llandeilien du sud de Rennes : le COLPOCORYPHE rouaulti.

Les deux principales raisons de ce choix sont :
- le caractère fréquent de cette espèce, ce qui permet de récolter un nombre important d'individus et de faciliter leur analyse.

- sa présence sur le gisement de Traveusot, ce qui garantit une bonne conservation des individus (peu de déformations, milieu calme)

Rappels sur le COLPOCORYPHE rouaulti

Le COLPOCORYPHE rouaulti a été revu par JL. Henry dans les années 1970. C'est une espèce très courante appartenant à la famille est Calymenidae. On le trouve fréquemment dans les gisements ordoviciens du massif armoricain et en particulier sur le gisement de Traveusot.

COLPOCORYPHE rouaulti
Posture de vie
La posture de vie correspond généralement à une phase de déplacement de l'individu. Chez de nombreuses espèces, la posture de vie est principalement caractérisée par un alignement du céphalon, du thorax et du pygidium. Cette posture favorise l'hydrodynamisme et le champ visuel frontal de l'individu.
Posture de vie (COLPOCORYPHE rouaulti)
Posture de repos
La posture de repos est caractérisée par une position concave du corps du trilobite. Dans cette position, le trilobite était probablement enfoui dans le substratum vaseux, les yeux devaient affleurer juste en surface dans une configuration permettant à l'animal de pouvoir observer dans toutes les directions et ainsi guetter la présence d'éventuels prédateurs. Il fort probable que la posture de repos devait également favoriser la circulation des flux nutritifs et respiratoires de l'animal, du fait de la décontraction des organes de la face ventrale.

Posture de repos (COLPOCORYPHE rouaulti)
Posture enroulée
Les trilobites avaient la possibilité de s'enrouler sur eux mêmes pour se défendre contre les prédateurs, le principal d'entre eux étant l'orthocère. Une autre théorie scientifique considère que l'enroulement pouvait être consécutif à un changement brutal du milieu (température, oxygénation, salinité ?) Chez certaines espèces, la pygidium vient s'imbriquer parfaitement dans le céphalon (coaptation), ce qui rend l'enroulement encore plus efficace.
Enroulement (COLPOCORYPHE rouaulti)
Mue
Une étape importante et dangereuse dans la vie du trilobite était la mue qu'il devait opérer régulièrement afin d'adapter sa carapace à la croissance de son corps, à l'instar des arthropodes actuels (crabe,libellule..). La majorité des trilobites que l'on peut récolter sont en fait des " exuvies " (reste de la carapace après la mue).

La carapace du trilobite comporte des lignes de faiblesses permettant la mue de l'animal. La principale ligne de faiblesse se situe au niveau du raccordement des joues mobiles sur le cranidium. Ainsi, la mue provoque une dissociation de ces joues mobiles par rapport au cranidium, permettant l'extraction de l'animal hors de sa carapace. Cela explique en partie l'absence ou la déconnexion fréquente des joues mobiles sur de nombreux fossiles de trilobites. La mue affecte également souvent le reste de la carapace ; la dégradation de la carapace est plus moins importante suivant l'espèce de trilobite considérée.

De façon générale, deux critères majeurs permettent d'identifier une exuvie :
- Les joues mobiles sont " rétractées "
- Les segments thoraciques ne sont plus parfaitement connexes
Mue -> joues mobiles rétractées / segments décalés (COLPOCORYPHE rouaulti)
Posture cadavérique
La posture cadavérique correspond à une contraction musculaire post-mortem, intervenant après la mort naturelle du trilobite. Un fossile de trilobite retrouvé dans une telle position indique de façon quasi certaine qu'il ne s'agit pas d'une mue. Cette posture a été observée sur une majorité d'espèces de trilobites.
Posture cadavérique (COLPOCORYPHE rouaulti)
Grégarité
La proximité d'autres congénères renseigne sur la grégarité de l'espèce. La grégarité est souvent un moyen de défense contre les prédateurs et est particulièrement observée sur les individus jeunes et de petite taille. Dans ce cas, il s'agit essentiellement de mues, les individus choisissant de muer au même endroit
accumulation de mues (COLPOCORYPHE rouaulti)
La grégarité est également très dévellopée chez le Placoparia .
La proximité peut aussi correspondre à la mort brusque d'un nombre important d'individu, suite à un changement du milieu. Dans ce cas, les fossiles sont des individus complets, souvent associés à d'autres espèces.


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